Pharmaciens à Madagascar
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Annick et Pierre-Alain Vaudroz, pharmaciens, en mission bénévole avec Pharmaciens Sans Frontières, dans un dispensaire de Mahajanga, au nord-ouest de Madagascar. Les textes et commentaires reflètent exclusivement notre vision personnelle.

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    LA PUISSANCE DES TABOUS

    Pour les Malgaches qui respectent les coutumes et traditions héritées de leurs ancêtres, la vie quotidienne oscille entre interdit et permis, en fonction du jour, de la saison, du moment… A la fois art de vivre, dans le sens du feng-shui, mais aussi avec les restrictions et obligations imposées. Les fady (tabous) sont nombreux et imprévisibles.

    Dans les maisons, les nattes pour dormir sont orientées vers le nord. Il y a une ou deux pièces polyvalentes dans les maisons traditionnelles en terre battue, mais la disposition et la répartition suit des règles auxquelles personne ne saurait déroger. Les passages d'une "zone" à l'autre sont invisibles pour les étrangers, mais évidents pour les indigènes.

    Certains jours ne permettent pas de s'adonner à telle occupation : le lundi, on ne coupe pas de canne à sucre…Le baptême de la pirogue ne se fait pas n'importe quel jour…Les cochons ne peuvent pas aller dans la mer… A Tana, on ne mange pas d'agneau, c'est fady…

    Si une grande partie de la population en parle, beaucoup les respectent ! Il en va aussi de sa réputation ; le "qu'en dira-t-on" est au moins aussi fort que le sentiment profond !

    En présence de son beau-frère, prononcer le mot "rouge" est fady. Il évoque la couleur des menstruations de sa sœur, "insultant" pour son mari… A une centaine de kilomètres au nord de Mahajanga, il y a un endroit qui s'appelle les Terres Blanches. Vous pouvez toujours chercher, mais à part le sable, la terre est partout d'une couleur brique ou ocre tirant farouchement sur le rouge. Madagascar n'est pas surnommée l'Ile Rouge pour rien… !

    La légende veut que le nom de Terres Blanches vienne des premiers arrivants, un homme et son beau-frère. Devant ce spectacle coloré, l'homme s'est exclamé : "Que ces terres sont…!" et il s'est arrêté in extremis pour éviter le lapsus dramatique qui aurait jeté l'opprobre sur lui et ses descendants pendant dix-huit générations. Il s'est rattrapé et a pu glisser un mot salvateur pour effacer la honte qui empourprait déjà son visage : "... blanches ! Que ces terres sont blanches !" répéta-t-il, soulagé !

     

    Nous partons en ballade dans le sud, du côté d'Antsirabe, le coin le plus froid de l'ìle ! Mais les mimosas devraient être en fleurs ! Nous allons assister à une cérémonie traditionnelle de "retournement des morts" !

    Pour en savoir plus ... patience jusqu'au prochain numéro, dans une dizaine de jours !

     

    A bientôt !


    Publié à 20:48, le 4/09/2009,
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