Pharmaciens à Madagascar
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Annick et Pierre-Alain Vaudroz, pharmaciens, en mission bénévole avec Pharmaciens Sans Frontières, dans un dispensaire de Mahajanga, au nord-ouest de Madagascar. Les textes et commentaires reflètent exclusivement notre vision personnelle.

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    LA MONTAGNE D'AMBRE

    A quelques kilomètres à l'intérieur des terres, le Parc National de la Montagne d'Ambre recouvre un immense territoire de forêts et montagnes. Joffreville est le village qui se trouve à l'entrée du parc. L'endroit est magnifique, adossé à la colline et surplombant la baie de Diego. Le coin est très humide, il y pleut souvent ! Nous avons même été trempés ! Presque avec plaisir, car nous n'avions plus vu tomber une goutte depuis le 15 avril à Mahajanga ! La ballade vers un petit lac sous une pluie battante avec des sangsues qui s'accrochent aux mollets était quand même sympathique !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Nous avons trouvé une chambre dans le monastère St Jean-Baptiste, tenu par des Sœurs bénédictines. L'accueil est chaleureux et la cuisine délicieuse. Avec en prime la dégustation des liqueurs maison : bibasse (néflier du Japon), litchi, mangue…!

     

    Pas de vin malgache ! Sr Marie-Jeanne qui s'occupe de la réception, du service et de l'organisation générale a remarqué que les visiteurs précédents laissaient toujours un bon tiers de la bouteille… Depuis qu'elle tient du merlot d'Afrique du Sud, les flacons sont vidés jusqu'à la dernière goutte !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Heureusement après une nuit où les chaussures ont eu beaucoup de peine à sécher, le soleil et le ciel bleu nous attendaient pour nous faire découvrir le charme de la forêt humide sans pluie, mais avec des lémuriens, des mangoustes, des caméléons, des oiseaux et une variété d'arbres et de fougères absolument fantastique. Une cascade de temps à autre, une rivière…effectivement la zone est humide !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les paysages sont absolument magnifiques et même si les accès sont parfois difficiles, l'effort est largement récompensé !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     



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    Publié à 16:59, le 27/09/2009, Joffreville
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    DIEGO-SUAREZ

    Antsiranana se trouve tout au nord de Madagascar, avec une ouverture sur l'Océan Indien par une baie magnifique. Toujours dans le vent, malgré l'état de délabrement qui règne sur cette ancienne base militaire française qui est beaucoup plus connue sous le nom de Diego-Suarez.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Par la route depuis Mahajanga, il faut compter 24 à 26 heures de voiture, ce n'est pas la porte d'à-côté ! Et en plus la route est dans un mauvais état, ce qui rend le trajet encore plus inconfortable.

    Nous y allons en compagnie de Marc et de deux Parisiennes, Juliette et Leila, qui travaillent bénévolement quelques semaines dans le social, avec Sr Marie-Jeanne.

     

    Dans mes souvenirs de lecture, Djibouti, Zanzibar et Diego-Suarez sonnaient comme un univers d'aventuriers, avec une odeur épicée et une ambiance glauque de trafics de toutes sortes : épices et bois précieux, tapis et tentures, mais aussi les esclaves, la traite des blanches, les armes…

    Plus que des ruines et des bâtiments défraichis ! Fini le temps des pirates, des flibustiers, et aussi fini la vie des marins en bordée, quand leur bâtiment relâchait pour ravitailler. Quelques maisons de type colonial sont quand même entretenues, mais elles ne sont pas légion. La vie y est calme et le vent permanent !

    Les taxis sont presque tous des 4L jaunes ! Et il y en a à peu près 500 ! Il y en a toujours au moins un dans notre champ de vision !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Comme ailleurs. Par contre, les paysages et les vues sur l'immense rade de Diego sont tout simplement fabuleux, avec un Pain de Sucre comme à Rio !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le sentier du littoral en fait le tour et débouche sur l'Océan Indien pour nous faire découvrir des merveilles : la mer d'Emeraude, un immense lagon aux eaux turquoises que nous apercevons de l'autre côté de la passe et puis nous longeons trois baies magnifiques, sauvages et accueillantes. Dans la dernière, un immense lagon avec très peu d'eau en fait un paradis pour le kite surf ou la planche à voile !

    Tout au fond, très loin, en se penchant un peu, on devrait apercevoir la côte occidentale de…l'Australie ! Très, très loin !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

     



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    Publié à 14:07, le 27/09/2009, Antsiranana
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    LE RETOURNEMENT DES MORTS (FAMADIHANA)

    Cette coutume des hauts plateaux de Madagascar est considérée comme un deuxième enterrement. Le défunt est exhumé et ses os sont replacés dans un nouveau linceul, pour éviter le froid…

    Chaque famille se doit de montrer une grande largesse lors de ces festivités, invitant de nombreuses personnes. Comme le nombre d'enfant par famille est assez élevé, il y a un monde considérable dans ce genre de rencontres. La coutume est très stricte, mais l'ouverture d'esprit permet d'inviter des étrangers à y assister. Il est vrai que nous allons dans la famille d'une sœur du dispensaire, ce qui déjà est une situation assez paradoxale dans le mélange des rites !

    Mais finalement, le respect l'emporte et c'est un gage de paix !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Nous avons eu la chance d'assister à une cérémonie qui réunissait les descendants des morts de la quatrième génération ! Il y avait ainsi une dizaine de défunts entourés par au moins deux cent cinquante personnes, bébés au sein, adultes et vieillards !

    L'ambiance est à la fête ! Ce n'est pas un rappel de la tristesse d'avoir perdu un être cher, mais une joie de le considérer comme vivant dans nos mémoires !

    Tout commence autour d'un repas traditionnel, où un nombre incroyable de personne se serre dans toutes les pièces des maisons typiques de la région d'Antsirabe, avec leurs deux étages. Autour du riz, les poulets et canards sont aussi de la fête ! Et parfois on sacrifie aussi un zébu entier. Cela dépend des familles et de leur possibilité financière.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Après le repas, un orchestre avec guitares et tambourins invite les danseurs à tourbillonner dans la cour de la maison, sous le regard envieux des enfants qui ne peuvent pas encore et des anciens…un peu raidis !

     

    Le cortège se forme ensuite pour se rendre au tombeau familial, qui se trouve sur une parcelle qui appartient à la famille, à deux kilomètres du village. Musique et drapeau malgache en tête, la petite troupe parcourt les chemins de campagne en chantant et dansant. C'est la fête ! Et jusque là, la sobriété est de mise. Même au cours du repas, nous n'avons consommé que de l'eau.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les corps sont exhumés, puis les os sont replacés dans de nouveaux tissus blancs. Cette année, les familles ont construit un nouveau tombeau pour recevoir les restes de leurs aïeux. La cérémonie est encore plus importante que d'habitude. Les ossements habillés de neuf sont soigneusement étiquetés et transportés vers leur nouvelle sépulture, entourés de la troupe qui dans joyeusement au son d'un orchestre avec quelques flutes et cuivres qui ont rejoint tambours et guitares.

    Debout sur le nouveau tombeau, les représentants de chaque branche familiale sont rassemblés et à tour de rôle, vont se fendre d'un discours (kabary) plus ou moins long, ponctué de roulements de tambours.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le message de l'Eglise transmis par deux religieuses de la famille se mêle harmonieusement aux rites traditionnels et permet à certains de se rendre vers les vendeurs de boissons énergisantes ou euphorisantes.

    Une fois le soleil couché, le crépuscule ne dure pas longtemps… Les ancêtres ont trouvé leur place dans le nouveau tombeau, empaquetés et ficelés. La journée fut longue et bruyante, ils sont probablement contents de retrouver le calme et la sérénité de l'au-delà !

     



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    Publié à 13:32, le 27/09/2009, Antsirabe
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    LA PUISSANCE DES TABOUS

    Pour les Malgaches qui respectent les coutumes et traditions héritées de leurs ancêtres, la vie quotidienne oscille entre interdit et permis, en fonction du jour, de la saison, du moment… A la fois art de vivre, dans le sens du feng-shui, mais aussi avec les restrictions et obligations imposées. Les fady (tabous) sont nombreux et imprévisibles.

    Dans les maisons, les nattes pour dormir sont orientées vers le nord. Il y a une ou deux pièces polyvalentes dans les maisons traditionnelles en terre battue, mais la disposition et la répartition suit des règles auxquelles personne ne saurait déroger. Les passages d'une "zone" à l'autre sont invisibles pour les étrangers, mais évidents pour les indigènes.

    Certains jours ne permettent pas de s'adonner à telle occupation : le lundi, on ne coupe pas de canne à sucre…Le baptême de la pirogue ne se fait pas n'importe quel jour…Les cochons ne peuvent pas aller dans la mer… A Tana, on ne mange pas d'agneau, c'est fady…

    Si une grande partie de la population en parle, beaucoup les respectent ! Il en va aussi de sa réputation ; le "qu'en dira-t-on" est au moins aussi fort que le sentiment profond !

    En présence de son beau-frère, prononcer le mot "rouge" est fady. Il évoque la couleur des menstruations de sa sœur, "insultant" pour son mari… A une centaine de kilomètres au nord de Mahajanga, il y a un endroit qui s'appelle les Terres Blanches. Vous pouvez toujours chercher, mais à part le sable, la terre est partout d'une couleur brique ou ocre tirant farouchement sur le rouge. Madagascar n'est pas surnommée l'Ile Rouge pour rien… !

    La légende veut que le nom de Terres Blanches vienne des premiers arrivants, un homme et son beau-frère. Devant ce spectacle coloré, l'homme s'est exclamé : "Que ces terres sont…!" et il s'est arrêté in extremis pour éviter le lapsus dramatique qui aurait jeté l'opprobre sur lui et ses descendants pendant dix-huit générations. Il s'est rattrapé et a pu glisser un mot salvateur pour effacer la honte qui empourprait déjà son visage : "... blanches ! Que ces terres sont blanches !" répéta-t-il, soulagé !

     

    Nous partons en ballade dans le sud, du côté d'Antsirabe, le coin le plus froid de l'ìle ! Mais les mimosas devraient être en fleurs ! Nous allons assister à une cérémonie traditionnelle de "retournement des morts" !

    Pour en savoir plus ... patience jusqu'au prochain numéro, dans une dizaine de jours !

     

    A bientôt !



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    Publié à 20:48, le 4/09/2009,
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    PARRAINEZ UN AN DE SCOLARISATION

     

    La scolarité est obligatoire à Madagascar, mais les parents ne sont pas obligés d'envoyer les enfants à l'école ! Le nombre d'enfants scolarisés est quand même important du point de vue statistique, car une partie des enfants va le matin et les autres, l'après-midi.

    L'instruction publique est heureusement complétée par les institutions privées, religieuses et laïques qui dispensent un enseignement de bonne qualité. Ils essayent de s'occuper également des enfants qui n'ont pas été scolarisés et qui ont déjà dix ans. Les Sœurs de St Maurice pratiquent l'enseignement dans leurs écoles à Mitsinjo, de l'autre côté de la rivière. C'est un des rares cas d'écoles où on a besoin du bac pour aller au lycée ! 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    A Mahajanga, il y a deux classes d'alphabétisation pour les enfants dès 10 ans, avec une classe d'application de type "école ménagère".

    A Marovoy, il y a le Collège St Maurice, pour l'enseignement normal, jusqu'au

    BAC.

    A Namakia, l’école appartient à l’usine de canne à sucre et les sœurs y enseignent.

     

    Ces écoles privées n'ont rien en commun avec ce que nous entendons par "privé" chez nous. Si l'enseignement y est payant, les frais de scolarité sont minimes et sont à la portée de nombreuses familles. L'engouement pour ces écoles est grand et nombreux sont les Malgaches conscients de la nécessité de l'éducation. Comme partout, il y a bien entendu des cas sociaux, où l'argent qui devrait être consacré à l'achat de fournitures scolaires part en boisson ou vers d'autres buts. C'est là qu'interviennent à nouveaux les institutions privées qui soutiennent les enfants et leur fournissent les possibilités de suivre une scolarité publique et/ou privée.

     

    Même des écoles techniques ont vu le jour. A côté du dispensaire, le Centre Don Bosco abrite des ateliers de serrurerie, d'électricité, de menuiserie, d'électronique et de maçonnerie. Les élèves sont en général porteur du brevet élémentaire, mais l'école ouvre largement ses portes aux motivés sans brevet pour leur éviter de traîner dans les rues.

    Chaque année, ce sont ainsi quelque dizaines d'enfants qui sont pris en charge de manière très modeste (70-120 SFr/an/enfant) pour que tous les membres d'une fratrie puissent recevoir une éducation scolaire. La moyenne d'enfants par femme en âge de procréer était encore de 5,7 en 2004 pour la région de Mahajanga. En 2009, ces enfants sont tous en âge d'aller à l'école !

    Depuis quelques temps, ce soutien s'est même personnalisé, de telle sorte que ce ne sont plus les "Sœurs qui paient en gros". Elles utilisent l'argent d'un donateur, le parrain, pour subvenir aux besoins d'un enfant précis, le filleul. L'échange épistolaire permet au tandem parrain-filleul de consolider le don et de responsabiliser l'enfant.

    Il n'y a pas d'organisation spécifique et séparée, ce sont les Sœurs qui interviennent au cas par cas.

     

    Pour vous illustrer la situation, voilà quelques chiffres :

    Ecolage à l’alphabétisation 50 000 Ar par an + 60 000 fournitures scolaires (70.-/an)

    Ecolage à Ste Thérèse 85 000 Ar par an + 60 000Ar fournitures scolaires (90.-/an)

    Ecole Technique Don Bosco 120 000 Ar par an+ fournitures scolaires (120.-/an)

     

    Notre gardien du dispensaire a trois enfants en âge de scolarité. Pour la rentrée scolaire, il doit prévoir 185 000 Ar pour payer le premier mois d'écolage et les fournitures en entier pour ses enfants. Il gagne 145 000 Ar par mois…Pas toujours évident de gérer !

     

    Le principe du parrainage est très simple : vous prenez contact avec Sr Marie-Rose Giroud (giroud.mrose@moov.mg) et lui annoncez que vous êtes prêts à verser la somme de votre choix par an ou par mois.

    Le dialogue se poursuivra en fonction de vos souhaits.

     

    Vous pouvez également verser simplement votre participation sur le compte des Sœurs : Congrégation des Sœurs de St Maurice, 1890 St Maurice CCP 19-1820-5

    IBAN : CH32 0900 0000 1900 1820 5    BIC POFICHBEXXX avec la mention Parrainage scolaire – Madagascar.




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    Publié à 07:13, le 1/09/2009,
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